when is it now

mercredi 16 janvier 2013

c'est merveilleux je me suis réveillé ce matin comme si je venais de naître, j'ouvrais les yeux pour la première fois, mais juste après j'ai senti mon sexe qui bougeait, alors là je me suis complètement réveillé, j'ai 45 ans, j'essaye d'en faire moins, mais la conscience veille, tout ce que j'ai vu m'alourdit, tout ce que je sais m'éloigne de l'innocence, c'est fou de savoir tout ce qu'il faut pour vivre, savoir faire des noeuds, comprendre qu'on peut passer au vert et attendre au rouge, savoir boire du vin, attendre au bon endroit, parcourir la terre en se demandant quelle heure il est, on le voit, des informations essentielles sont assimilées tout au long de la vie, c'est beau, c'est simple, la création resplendit dans le ciel clair,  tout est ordonné, tout avance dans la cohérence mais voilà que l'humain intervient, il casse la nature, il bétonne, il passe au travers de la beauté pour y mettre son installation précaire, mais rapidement ça ne marche plus, les investisseurs ont peur, il s'en vont, les ruines sont envahies par les ronces, l'humain passe si vite et fait tant de mal, on ne comprend pas cette rage à détruire, à quoi ça correspond, une angoisse liée à l'enfance, pas assez de beurre dans les pâtes, des jours sombres et des nuits blanches, il n'y a pas d'issue, toutes les portes sont fermées, l'air manque, je n'aurais pas dû passer par là, mais comment aurais-je su que mon destin m'y attendait, il était là depuis des siècles et au moment de le vivre il est là, une précision suisse, à la seconde près la vie tombe dans un trou, c'est beau, c'est simple, on a tout fait pour l'éviter mais c'est comme si on tourne autour d'un point fixe, on croit aller loin alors qu'on reste attaché à notre perte, elle est là, juste à côté, dans le silence de la rue, rien ne se passe mais tout à l'heure c'est fini, l'incendie détruit tout, des morts dans un appartement, leur destin les attendait là, à cette heure de la nuit où on est dans l'inconscient, était-il brûlant ou froid, destin tu frappes sans savoir, ou bien ne savons-nous pas voir l'essentiel, on s'occupe trop des détails

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