vendredi 4 janvier 2013
si j'écris oui, est-ce vrai, je m'en doute, je n'en suis pas sûr, ce qui est sûr, c'est quand on dit, c'est sur la table, ce n'est pas en-dessous, c'est le contraire de la vie, ce qui paraît au-dessus est en réalité en-dessous, le pouvoir sur les autres, la possession sur la personne faible, le mépris, la haine, c'est loin, très loin de demain, demain dans l'absolu amour, dans l'espérance divine, un jour, juste un jour, et tout s'en va, avec le mort, la maladie, le désespoir, l'oubli, la joie, les organes, tout ce qui fait le vide de la vie, l'envie de parler, la peine d'échanger, un moment comme celui-là, on est d'accord, tout est bien, c'est maintenant que ça se passe, demain il est trop tard, les carottes sont cuites, le poulet est au four, c'est bien, c'était bien, ça ressemble à ce que dans l'enfance je n'étais pas encore, une continuité sans faille, jusqu'à aujourd'hui, un essai qui se prolonge dans la certitude que tout ça finira un jour, rien ne résiste au temps, c'est ça qui est bien, on n'est pas obligé de rester ensemble pendant 300 ans, 30 ans c'est déjà pas mal pour un humain, une histoire qui commence un jour, tu veux bien être ma femme, pour cette nuit, pour deux nuits, pour mille nuits, pour dix-mille nuits, et combien de jours, je regarde ma montre, c'est l'heure de partir pour naître une deuxième fois, loin de l'amour, loin de la facilité, loin de ma jeunesse, loin de ce que j'étais, si je nais, je meurs, alors c'est comme ça qu'on peut dire des choses intéressantes, moi ça m'intéresse de dire ça, ça me convient assez pour que je fasse un effort de continuer, c'est ça qui est dur dans la vie, c'est de continuer, plus que de commencer, quand on commence c'est facile, on ne se connaît pas, on se ment, et puis on continue et là, ça fait mal, on se trouve, on s'exécute comme devant un peloton d'exécution, on ne se fait plus d'illusion, ça devient banal, alors qu'au début on rêvait tout haut, c'était merveilleux, la fleur au fusil, et on arrive dans les tranchées, dans la boue de l'aventure idiote, qu'il est sot de vouloir, moi je veux bien, mais ça ne sert à rien
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