when is it now

vendredi 9 novembre 2012

maintenant que je suis vieux je comprends mieux ce que mon père disait quand j'étais enfant, tu verras mon fils, quand on vieillit on sait que la vie se place entre l'oubli d'hier, et l'avenir vers la mort, pendant longtemps dans ma vie je ne me suis pas soucié de la vie, j'avançais tranquillement en empilant les jours sur le côté, et puis tout arrive vite, je suis plus prêt de ma mort que de ma naissance, et je vois tout de loin, ces jours qui ne servent à rien, ces projets ridicules, à quoi sert la vie, on ne se le demande pas quand on peut faire autre chose, et c'est ce qui se passe depuis tant de générations, tous ces vieux d'avant qui ont tous dit la même chose, les jeunes d'avant et de maintenant qui ne les écoutent pas, car quand on est jeune on est jeune, il n'y a pas de place pour les question essentielles, maintenant il est trop tard pour essayer autre chose, je n'ai plus de force, je sens que je m'en vais, il ne me reste que l'amour des miens, une famille qui s'est construite avec le temps, dans ma tête tout le reste s'en va, c'est la maladie moderne, la modernité a apporté une angoisse de retenir des informations nécessaires au positionnement social, ce fut très nouveau dans l'histoire humaine, pendant des millénaires les gens vivaient au quotidien, et voilà qu'au XXIe siècle, on est angoissé de perdre ses identifiants qui nous permettent de nous connecter au monde virtuel, c'est ça le problème, on ne vit plus au temps des saisons, la moisson, les semailles, le beau temps, la pluie, l'orage qui surprend, le soir à la veillée, maintenant on ne peut plus sortir de chez soi avec sa tablette informatique et son smart phone, allo je suis dans la rue, j'arrive dans cinq minutes, quel belle relation, on oublie d'être simple, on mélange tout, on pourrait prévenir de chez soi, j'arrive dans cinq minutes, sortir les mains dans les poches sans penser à rien si ce n'est que je dois être dans cinq minutes quelque part, le cerveau est en jachère, il avance au ralenti sans perdre de vue d'aller dans la bonne direction pour être en cinq minutes chez elle, c'est le plaisir d'être au présent, bien calé entre l'oubli et la mort

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