when is it now

lundi 11 mars 2013

le moment est bien choisi, j'allais sortir quand je me suis rendu compte qu'on était mardi, tiens me dis-je, ce n'est pas normal, il est essentiel dans la vie de bien distinguer les moments normaux et les moments anormaux, ça ne tient qu'à moi, et moi je ne tiens rien, je suis dans le vide, ça me convient, mes pensées volent de passages en voilage rouge et vert, quand le vent souffle ça fait comme des voiles sur la mer, sauf qu'ici ça ne sent pas le port de pêche, ici c'est chez moi, un petit espace plein de charme, ce n'est pas la peine d'avoir un trop grand lieu de vie, c'est fatigant d'aller d'un endroit à l'autre, il faudrait presque un système de propulsion sympathique, mais ça n'existe pas encore, il faut du temps aux humains pour voir l'essentiel de la vie, ce petit moment qui passe si vite, qu'on ne retient pas sauf dans la mémoire, il flotte comme un bouchon pris au piège d'une fermeture soudaine, je me bloque, comment arriver à rester léger, c'est une question que je me pose souvent, surtout dans les moment où je ne suis pas bloqué, car quand je suis bloqué, je ne réfléchis plus, je reste dans la position minimale de survie, c'est prévu dans l'organisme, ça nous vient de l'époque où nous sommes bébé, cet instinct de survie nous permet de passer un moment difficile en espérant que ça peut changer, c'est une espérance instinctive, c'est minuscule mais ça marche bien, je m'en suis rendu compte souvent, car je suis optimiste et je me demande pourquoi, mais c'est plus fort que moi, je ne peux faire autrement, il y a deux jours j'ai eu des courbatures et de la fièvre, j'ai tout de suite sombré dans la chaleur mélancolique d'une jeunesse effacée, je n'étais pas mort, mais je sentais bien que je n'étais plus moi-même, n'espérant qu'une chose, sortir de cette lente agonie, c'est une manque de sagesse, car le sage voit tout avec sagess, si il est malade, il trouve ça bien, il se soigne pour ne pas abîmer son corps mais il ne se plaint pas, je m'aperçois que je ne suis pas sage, je vais trop vite, y a-t-il d'autres problèmes, je découvre la vie avec lenteur, mais parfois ça m'étonne, tout est là sans prévenir, d'un coup on est là, c'est incroyable, je n'aurai pas cru aller si vite, mais je vois aussi que ça crée des troubles dans le ciel, car le ciel aime bien quand on prend le temps, si on va trop vite on risque de tomber dans un trou noir, surtout quand on voit que les autres membres de la famille ne veulent pas se dépêcher et disent qu'il n'y a pas d'urgence, mais l'urgence, c'est maintenant, il n'y a pas à attendre, attendre quoi le dégel de la banquise, l'humain se partage en deux catégories de personnes, d'un côté, ceux qui comprennent l'attente, qui échange en vérité, de l'autre côté, ceux qui voient au-dessus, ils ne veulent pas voir ce qui se passe, ça les gêne, ils se sentent coupable, pourquoi ne peut-on pas voir tous au même endroit, cette urgence dans l'amitié, être ensemble pour rire, pour partager, que de moment perdus

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