when is it now

jeudi 12 septembre 2013

quand je pense à moi je suis pris de vertige, c'est tellement haut, j'en avais perdu l'habitude, il y a longtemps je me préoccupais pas de ce qui se passait, la vie s'étalait comme de larges traînées de pluie, de haut en bas sans s'arrêter, chaque jour écrasait le précédent, et puis un jour c'était un mardi, le soleil brillait et le linge séchait rapidement, il fallait bien sûr aller voir la famille, depuis des années c'est toujours le même cérémonial, on arrive, on mange et on part, c'est comme ça que j'ai compris que si je mangeais des légumes tous les jours je pourrais peut-être ajouter des jours vers la fin, quand on n'a plus d'espérance, mais tant pis j'aime la viande, alors je prends le risque de mourir plus jeune, en plein élan de ma vie splendide, quel est le mieux, viande ou légume, vivre jeune ou mourir tôt, ça dépend de chacun, on pourrait quand même se dire que le mieux c'est de vivre pleinement, chaque jour rempli par un tas d'émotions, de préoccupations, de distractions, de joies, de rigolades, mais ça ne se passe pas comme ça, les belles émotions n'arrivent que rarement, le plus habituel c'est l'ennui, l'attente d'autre chose, quand ça viendra, on ne sait pas, même si ça viendra un jour, car il existe des gens qui n'ont rien reçu de toute leur vie, il vivent le regard vide, il n'y a rien à attendre, ils sont donc en dehors du cercle, là où ça bouillonne, dans un grand cercle qui n'est pas blanc comme je le croyais, mais ça n'a pas d'importance, ce qui compte c'est qu'il soit rond, car cette forme est conseillée pour éviter les angles, je pense que tout ça est quand même superficiel, où sont les émotions qui nous font passer d'un âge à un autre, qui nous permettent de vivre avec la bouche ouverte, sans avoir peur du noir, ou des fantômes qui rôdent la nuit à la recherche des âmes perdues un soir d'hiver, on n'y voyait pas à un mètre et on est tombé dans le ravin, 100 mètres plus bas, on n'était plus que de la bouillie, la vie s'arrêtait là, mais pas la mort car après la vie, il faut faire attention, si on est seul on risque de se faire attraper par les anges du travail forcé, il vaut donc mieux vivre en meute d'âmes, les plus grosses comportent des millions d'âmes, depuis les premiers hommes jusqu'aux derniers d'aujourd'hui, ça en fait des générations, moi j'ai préféré aller vers une petite troupe d'artistes, on s'amuse bien, 

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