when is it now

vendredi 17 janvier 2014

des gens lisent, des gens écrivent, les uns pleurent, les autres joignent les mains, c'est une prière, un goût pour les bonnes choses, mais quand je vais les voir, je suis souvent seul, car dans la mesure où je fais le tour du jardin, je prends des notes pour ne pas oublier le nom des fleurs, cette rose est magnifique, et ce lila, là, ici, maintenant, pour l'instant, et après je crois qu'il est l'heure de partire, vais-je aller tout de suite dans ma ville, je vais faire un tour, je me sens pousser des ailes, c'est un peu à cause d'elle, quand elle m'a dit que le dîner était prêt, je l'ai cru, et nous avons vécu ensemble pour passer des années à se parler, un stock incroyable de mots échangés, avec toujours le même plaisir à la faire, alors pourquoi j'ai peur que ça s'arrête, je sais que dans la vie rien ne dure, la peine comme le plaisir, alors si c'est comme ça je vais partir un jour, pour que tout soit vrai, il faut un mensonge mais depuis des années je fais attention, quel est l'espace commun, quel est le meilleur moyen d'y arriver, que faire pour que tout soit prêt, un geste, une veste, des papiers, de la colle en tube et de l'amour qui me pousse depuis hier à voir que tout est fragile, c'est fin comme une feuille qui tombe à l'automne, et dans la chambre il n'y a plus de lit, tout est parti par le train de 8 heures, il faut être présent et ne pas regarder en arrière, car c'est une transition, ça devrait prendre un peu de temps, le temps de tout décrocher, les sentiments qui restent les tableaux de la vie en commun, les gens qu'on connait, les paroles qui partent, les fiches où sont marqués les ordres d'hier, quand tout allait comme avant, aucune inquiétude tout sommeille, tout dort, tout est pris il ne reste rien ailleurs, mais quand vient l'heure tout s'effondre, l'envie s'en va, il ne reste qu'un partage à faire

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